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TOUCHING
Il remercia le ciel d’être encore à ses côtés et profita de ce qu’elle dormait encore pour admirer sa beauté. Elle était la plus jolie fille du village et il adorait son tempérament de feu contredisant son apparence d’ange. Sur ce point ils avaient le même caractère: aussi allègres, impertinents et obstinés l’un que l’autre. Il avait longtemps cru ne ressentir qu’un sentiment fraternel à son égard car ils ne s’étaient jamais quittés depuis l’enfance. A l’époque, il avait appris que plusieurs garçons de sa connaissance la convoitaient, mais ces derniers n’avaient jamais osé le montrer en sa présence. De plus elle avait repoussé toutes leurs avances.
C’était à l’occasion de l’anniversaire du père de Sakura. Une des femmes du village avait invité son neveu nommé Perhan, de passage dans la région. Toutes les jeunes filles s’étaient retournées derrière lui lorsqu’il était venu faire ses compliments à Monsieur Kinomoto, lui souhaitant longue vie et prospérité. C’était un fringant jeune homme de vingt ans doté d’un corps svelte et athlétique. Son sourire était franc, sa voix grave et sensuelle et la finesse de ses traits était rehaussée par de magnifiques yeux bleus turquoises Mais ce qui les faisait toutes fondre, c’était lorsqu’il passait négligemment une main dans ses cheveux blonds pour dégager sa vue de quelques mèches trop longues, dévoilant ainsi la couleur de son iris si particulière. Shaolan avait remarqué que Sakura n’était pas indifférente au charme du nouveau venu et que ce dernier semblait avoir jeté son dévolu sur elle. Ce qui avait commencé à l’agacer sans qu’il n’en comprenne réellement la raison. Il les avait toisés pendant plusieurs heures, scrutant le moindre de leurs faits et gestes tout en buvant plusieurs verres de vin. Les voir s’amuser et rire ensemble l’avait insupporté et l’alcool n’avait rien arrangé. Sakura ne lui avait pas adressé la parole de la soirée et cela l'avait mis hors de lui. Elle l’avait sciemment ignoré au profit du séduisant visiteur.
Il avait terminé son verre d’une traite avant de le reposer brutalement et s’était levé à son tour pour les suivre. Le temps pour lui de traverser la grande salle des fêtes et d’arriver à l’extérieur qu’il les avait déjà perdus de vue. Son instinct l’avait guidé sur le chemin de la forêt et il avait fini par les retrouver dans les bras l’un de l’autre sur le point d’échanger un baiser. Son cœur avait bondi dans sa poitrine et il s’était mordu les lèvres jusqu’au sang pour ne pas hurler sa colère. Il n’avait même pas senti cette larme qui s’était lentement écoulée le long de sa joue, tant la rage avait envahi son être. Sans réfléchir il avait couru à leur rencontre pour les séparer et s’était rué sur le jeune homme. Il l’avait violemment écarté de Sakura et l'avait frappé au visage, le faisant tomber à la renverse. « MAIS TU ES DINGUE ?!!! » avait-elle crié. Shaolan avait sorti quelques pièces de monnaie de sa poche et les avait jetées sur son rival en vociférant : « Tiens ! Va te racheter une figure !! » Perhan avait mis une bonne minute pour reprendre ses esprits car il fallait bien avouer que le garçon avait placé toute sa hargne dans ce coup de poing. Puis il avait observé Shaolan quelques secondes et avait très vite compris la situation. Cela n’aurait servi à rien de se battre avec lui, même si sa fierté en avait pris un coup. D’un caractère noble, Perhan ne cherchait jamais la bagarre sans de sérieuses motivations. Aussi s’était-il relevé calmement et avait posé une main amicale sur l’épaule du jeune énervé en lui murmurant à l’oreille : «Alors tu ferais bien de t’en occuper un peu plus, si tu ne veux pas la perdre définitivement !» Mais avant de les laisser en tête à tête, Perhan lui avait administré un coup de poing dans le ventre, juste de quoi l’étourdir un peu et venger son honneur. Acte auquel Shaolan avait eu l’intelligence de ne pas répliquer. Une fois le jeune homme parti, il avait senti une main s’abattre sur sa joue avec une telle violence que la marque des doigts resterait imprimée sur sa peau pendant plusieurs heures. « Espèce
de crétin !! Qu’est-ce qu’il t’a pris ?!!! Depuis
quand me surveilles-tu ?!!! avait-elle crié, furieuse. Elle avait tellement été outrée par ses paroles qu’elle avait tendu une main pour le gifler de nouveau, mais le garçon avait stoppé son élan en lui attrapant le poignet. Elle l’avait fixé pendant un court instant et avait été décontenancée par son regard empli de haine. Shaolan s’était mis à serrer de plus en plus fort son poignet si bien qu’elle avait fini par en souffrir : « Tu me fais mal !! LACHE-MOI ! » avait-elle ordonné. Il avait fait semblant de ne pas l’entendre et n’avait pas lâché prise. La jeune fille s’était débattue pour se libérer de lui et avait songé à fuir. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état et son agressivité l'avait inquiétée.
Elle s'était alors mise à courir en direction de la salle des fêtes, pensant y arriver sans encombre. C'était sans compter sur Shaolan qui lui avait emboîté le pas et l'avait agrippée par l'épaule pour l'obliger à se retourner. Lorsqu'elle avait fait volte-face, il avait voulu l'attirer vers lui en saisissant fermement son bustier. Mais il l'avait empoigné avec tant de force que le vêtement s'était déchiré, dévoilant une partie de sa poitrine. Ce geste brutal lui avait fait perdre l’équilibre et l’avait faite tomber à genoux.
Elle avait eu peur... Peur de ce jeune homme qu'elle ne reconnaissait pas et de ses imprévisibles réactions. Elle n’avait plus osé bouger et s’était mise à sangloter en baissant la tête.
Puis il s’était senti coupable de cette ardente excitation qui montait en lui, à la vue de son amie effrayée à ses pieds, pleurant à chaudes larmes et essayant vainement de cacher sa nudité de jeune femme. Son brusque désir avait été si intense qu’il en avait partiellement perdu la raison. Shaolan avait compris qu’il l’aimait, non pas comme une sœur mais comme une femme. Il avait eu soudainement soif de sa bouche et de sa jeune et belle gorge qui lui avait parue si ferme, malgré les tentatives de la jeune fille pour la dissimuler. Le jeune homme avait
lutté pour rester maître de ses pensées et ne pas
céder à son envie brûlante de lui arracher ses habits
et se rassasier de ses formes charnelles. Enfin, la voix entrecoupée de sanglots elle avait prononcé «ces mots» qui avaient fait basculer leur amitié en relation intime. « Je…je n’allais pas t’attendre toute ma vie…Je voulais simplement t’oublier…Toi qui ne vois en moi qu’une petite sœur… »
Il s’était agenouillé près d’elle et l’avait embrassée. Un désir violent avait pris le contrôle de son être et il avait décidé d’assouvir ses pulsions d'homme. Il n’avait jamais éprouvé cela auparavant car il l'avait toujours considérée comme une enfant, une petite soeur dont il était le protecteur. Comment avait-il pu être aussi aveugle pour ne pas voir ce qu'elle était devenue? Ses yeux avides avaient alors réclamé ce corps de femme que d'autres avaient osé convoiter. Ce corps pur et vierge de caresses dont il serait le premier à explorer les courbes. Il l’avait forcée à s’allonger sans trop la brusquer et s’était penchée sur elle, en appui sur ses mains.
Ses attentions étaient évidentes et elle avait eu beau puiser au plus profond d’elle-même, elle n’avait plus d’énergie pour protester, tant elle avait pleuré. Se débattre n’aurait fait qu’attiser sa détermination et prolonger le pénible moment qu’elle s’était apprêtée à endurer. Désabusée, elle avait tourné la tête pour ne plus avoir à affronter son regard. Puis elle avait fermé les paupières et avait simplement prié pour que son acte ne soit pas bestial.
Puis il avait enlevé les morceaux de tissus qui cachaient encore le thorax et les épaules de la jeune fille pour apprécier pleinement le tableau qui s’était offert à lui. Il était resté plusieurs minutes à contempler son buste, émerveillé par ces formes exquises et harmonieuses qu’il n’avait jamais soupçonnées chez elle. Son excitation était à l’image du sentiment qu’il s’était fait d’avoir découvert un trésor bien gardé. La poitrine de Sakura montait et descendait précipitamment, reflétant sa nervosité. Il s’était finalement permis de toucher la cause de son désir en posant une main précautionneuse sur son sein droit. Le jeune homme avait agi avec circonspection, comme s’il s'agissait d'un objet précieux confectionné avec le plus fragile des cristaux. Et il avait réalisé qu’elle était transie de peur en la percevant trembler sous sa paume.
Sakura ne s’était pas attendue à ce qu’il en reste là. Mais à son grand étonnement, il s’était simplement contenté de la caresser à cet endroit d’une infinie douceur, la soulageant de ses craintes. Petit à petit, le rythme de sa respiration s’était calmé et elle avait même commencé à apprécier ce contact délicat.
Ses camarades masculins lui avaient souvent répété qu’il fallait embrasser une femme au visage pour diminuer son anxiété avant l’acte. Et il s’était réjoui de sa réussite.
Sa tendresse l’avait réconfortée et elle avait la certitude d’avoir retrouvé le Shaolan qu’elle aimait. Elle avait apprécié ses petites marques d’attention et son corps entier s’était détendu.
Les battements de son cœur s’étaient accélérés et son souffle s’était fait plus haletant. Quelque chose était en train de s’intensifier au plus profond de son être.
Et lorsqu’elle l’eut atteint, il avait doucement étouffé ses gémissements d’un baiser, se réservant le délice de l’entendre jouir. Shaolan sourit en se remémorant cette époque. De leurs premières
caresses échangées ce soir là à la première
union de leur corps cette nuit même, il lui semblait qu’un
siècle s’était écoulé. Mais tout a une fin. Il déposa un tendre baiser sur les lèvres de son épouse en prenant soin de ne pas l’éveiller et la serra dans ses bras, comme si cette étreinte était pour lui la dernière.
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